L’oeil qui regarde les toiles de Marc Nerbonne se voit imprégné de paix mais aussi d’une tension issue d’une concentration de masses contrastant avec la suavité des nuances, la douceur des clairs obscurs et le velouté des ciels, dont la ligne d’horizon joint et sépare en un seul trait deux univers distincts pourtant étroitement liés. Ses paysages postmodernes hautement atmosphériques témoignent d’une vie urbaine où se dégagent à la fois une légèreté presque aérienne et une densité industrielle, comme s’il créait un rendu visuel de l’état d’abondance, de maîtrise et de génie mais aussi d’excès, de vide et d’agonie de notre planète, où persiste tout de même une immense beauté, malgré une vaste intervention humaine centrée principalement sur elle-même. Dans ces constructions enfumées et désertées de toute âme, la vie n’est perceptible que par les formes d’une cité bien structurée créée par des agglomérations géométriques faites au couteau, sans qu’aucune respiration ni battement d’organe ne vienne les animer, dans une immobilité inquiétante propre à des lieux ayant peut-être subi leur ultime catastrophe. Peut-être s’agit-il aussi du calme indéfinissable précédant l’éclatement qui va sourdre ? Paradis perdu, nouveau monde ou terre promise ? Est-il trop tôt ou trop tard ? Ses ambiances picturales uniques provoquent un questionnement personnel en proposant une vision tant sublime que dramatique de notre environnement, comme le sentier bordant un précipice offrant un panorama à couper le souffle, où se côtoient les extrêmes du danger et de l’absolu. La charge émotive est puissante, forte de cet espace infini presque intemporel qui, bien qu’imaginaire, interpelle la mémoire comme si elle s’y retrouvait en zone connue. L’effet de brume qui enveloppe l’ensemble de son œuvre d’un aspect éthéré voire quasi irréel contribue à ce sentiment d’étrangeté dont l’âme futuriste, sans repères fixes, se rattache à une réalité pourtant bien concrète, dans des périodes transitoires qu’on dirait suspendues, hésitant entre le jour ou la nuit. Les éléments de la composition permettent d’y déceler des systèmes naturels pouvant provenir tant d’une parcelle de cosmos que d’un plan d’eau vive, sous une lumière précoce ou tardive, campés entre deux possibles, frayant entre l’abstrait et le figuratif. La palette sobre aux tonalités feutrées soutient ce jeu de frontières entre le vrai et le fictif, dans un travail épuré et logique qui place la différence et la contradiction au centre de sa démarche. Équilibre, mystère et romantisme moderne sont au cœur du message que cet artiste tente de livrer avec toute l’authenticité de son inspiration, selon un jet rapide composé de coups de spatule précis, avec une tendresse dans le geste. Le plan déborde même du cadre pour mieux s’étendre vers l’infini et rompre toute barrière, comme si la conciliation des forces qui s’opposent devait passer par une explosion des carcans, comme une promesse de renouveau pour traverser un seuil critique.
Lisanne Letellier
| 2008 | Galerie St-Laurent + Hill, Ottawa, Ontario |
| 2007 | Galerie d’Art Gala, Montreal, Quebec (December 2007) Galerie Renée-Blain – Centre socioculturel de Brossard, Brossard, Québec (duo avec Jacques Rioux) Chemins discordants ou ... du triomphe sur le vide, Galerie Montcalm, Gatineau, Quebec (duo avec Jean-François Provost) |
| 2006 | Galerie St-Laurent + Hill, Ottawa, Ontario |
| 2004 | Galerie Baliz, Montreal, Québec |
| 2003 | Bistro 1908, Hull, Quebec |
| 2002 | Café aux 4 Jeudis, Hull, Québec |
| 2002 | Market Station, Ottawa, Ontario |
| 2006 |
Gatineau,Galerie St-Laurent + Hill, Ottawa, Ontario |
| 2005 |
Impression urbaine… la suite,
L’Espace contemporain, Québec, Québec Two by two, Bering and James Gallery, Houston, Texas |
| 2003 |
Exposition de groupe, Ruelle des
artistes, Hull, Québec |
| 2000 |
Exposition de groupe, Galerie Les Modernes, Montréal, Québec |
| Vie des Arts, Apocalypse - Marc Nerbonne, Bernard Lévy, Automne, 2007, No. 208, p.98 |
| Catalogue de l'encan bénéfici de "l'Écomusée du fier monde" 2050 rue Amherst, Mai 2007, Montréal p.18 |
| ETC, édition mars, avril, mai 2007. no.77. |
| Journal Le Droit, édition du 21 avril 2007, ''La danse du soleil affronte la grande noirceur'', par Claude Bouchard, p. A16 and A17. |
| Journal VOIR, édition du 19 au 25 avril 2007, M. Proulx, p.16 and p.18 |
| Journal Le Droit, Venise romantique et ventres vivants, Claude Bouchard, 9 février 2006, page 42 |
| Ottawa Sun, Building a cultural capital, 2006 |
| Art Folio, catalogue de beaux-arts, édition 2004, page 44 |
| Plaisirs De vivre, édition octobre-novembre 2004, volume 15, no.5, page 44 |
| Loto-Québec, Montréal, Québec |
| Ville de Brossard, Brossard, Québec |
| Nombreux tableaux faisant partie de collections privées au Canada, aux Etats-Unis et en Europe |